Les Niyamas : les 5 vertus cardinales


Les Niyamas, au nombre de 5, sont des vertus que l'aspirant Yogi se doit d'exprimer et de perfectionner tout au long de sa vie : Sausha (la propreté), Santosha (le contentement), Tapyasa (l'austérité), Swadhyaya (l'étude de soi) et Ishwara pranidhana (l'abandon au Divin).

 

Sausha : la propreté, la pureté

Sausha est l'état de propreté et de pureté extérieure et intérieure, au niveau de l'environnement, du corps, des pensées, des sensations, émotions et perceptions. Comme le disait le Maître Jésus, l'essentiel n'est pas tant ce qui entre dans la bouche (manger bio ou être végétarien par exemple) que ce qui en sort (paroles et pensées). A quoi bon une apparence extérieure de sainteté, si des pensées d'orgueil ou de médisance emplissent l'esprit ? L'habit ne fait pas le moine. Sausha invite l'aspirant Yogi à devenir un canal épuré, vide de lui-même, laissant place libre au Soi. Telle est la véritable pureté : l'état de vide intérieur et de disponibilité à la Divinité.

 

Santosha : le contentement

Etre satisfait en l'instant, de ce qui est, de qui l'on est et de ce que l'on a - est Santosha. Bien entendu, il ne s'agit pas d'une auto-satisfaction égotique, qui irait à l'encontre de tout travail intérieur sur soi, mais d'une acceptation totale, dans la paix et la joie, du "Tout est Bien". Avec Santosha cesse toute attente, tout regret, tout jugement, tout désir d'un autre chose, toute course en avant ou retour sur le passé. Santosha est un précieux joyau pour celui qui atteint cet état.

 

Tapyasa : l'austérité, la maîtrise de soi

Etre maître de ses désirs, de ses besoins vitaux (manger,boire, dormir...), des éléments extérieurs (froid, châleur...), de ses peurs, de ses réticences, de ses aversions, de ses croyances, de ses émotions, de ses perceptions et sensations, de ses pensées, de ses expériences psychiques et spirituelles - est Tapyasa.
La pratique de Tapas sera différente selon chacun. Ce qui est tapas pour l'un ne le sera pas pour l'autre.

 

Swadhyaya : l'étude de soi

Développer l'état de témoin intérieur, d'observateur détaché de qui je suis en chaque instant, aussi bien intérieurement que dans ma relation aux autres - sans aucune jugement, mais en toute conscience - est Swadhyaya. Ce Niyama développe la persévérance, l'humilité et la force intérieure chez l'aspirant Yogi. Avec Swadhyaya cesse cette tendance humaine à rendre l'autre ou la situation - responsable de nos propres manques et incompétences personnelles. Swadhyaya rend l'aspirant spirituel autonome et 100% responsable de son chemin de vie.

 

Ishwara pranidhana : l'abandon au Divin

Ce dernier Niyama, d'une extrême profondeur et simplicité à la fois, semble être pour la majorité d'entre nous inaccessible en l'instant, trop attachés que nous sommes à notre ego. Source de nombreuses confusions et incompréhensions, il est néanmoins couramment utilisé par l'ego pour sabrer tout travail intérieur et éviter toute responsabilité personnelle face aux événements de la vie. C'est ainsi que chacun se plaît à user de formules telles que : "Si Dieu le veut, cela se fera !" "Si Dieu l'avait voulu, il se serait passé cela..." "Je remets cela entre les mains de Dieu... Je laisse Dieu de s'en occuper !" Formules utilisées par l'ego pour servir l'ego, à certains moments clés choisis par l'ego, qui le restant de sa vie est absolument incapable de s'en remettre au Divin. Soyons humbles et vrais : n'est pas Ramdas qui veut !

L'abandon égotique au Divin est total, sur tous les plans, sans condition, sans retour arrière, en toute occasion et en toutes circonstances.

Ishwara pranidhana renvoie l'aspirant Yogi à un état de sincérité, de vérité, de pureté intérieures et de Confiance absolue dans le Divin. Il est l'aboutissement final des Yamas et Niyamas.

A ce Niyama correspond le sankalpa ultime - qui devra finalement être lui aussi abandonné pour atteindre l'éveil - et que l'on peut exprimer par : "Que Ta Volonté soit faite".

Le mot Divin "Ishwara", doit être entendu sans aucune connotation à Dieu, tel qu'on a l'habitude de l'entendre - ce qui est difficilement accessible à nos esprits - mais plutôt en tant qu'énergie de Vie, manifestation de la Conscience Suprême, Brahman, Pure Vérité Conscience Béatitude Infinie "Sat Chit Ananda". Gardons à l'esprit que Patanjali exprime dans ses sutras la pensée de l'Advaïta Védanta, couramment nommé de nous jours sous le terme de non-dualité, "mouvement philosophique" que l'on peut qualifier de athé, bien que Brahman, le Un, y soit reconnu comme seul existant, comme unique Réalité.